Francis Kéré, Le lauréat de tout un peuple

Les hommes naissent, vivent et meurent, parfois sans laisser de traces, mais pas tous. Dans le domaine de l’architecture au Burkina, il existe depuis plusieurs décennies, des bâtisseurs de ponts et d’avenirs, qui armés de passion, de courage, d’abnégation et surtout soucieux du travail bien fait, laissent leurs empreintes professionnelles partout où ils passent. Parmi eux, Francis Keré, architecte avant-gardiste de renom, est souvent cité en exemple et son travail lui a d’ailleurs  valu de recevoir récemment le Prix Pritzker considéré comme le prix Nobel des architectes. Une distinction qui honore non seulement la corporation des architectes  mais aussi l’ensemble du peuple Burkinabè.

Né à Gando, localité située dans le Centre-est du Burkina Faso Diebedo Francis Kéré a connu un parcours atypique avant d’intégrer le corps des architectes et d’y récolter d’importants lauriers qui lui valent aujourd’hui une reconnaissance mondiale. Charpentier à la base, c’est en Allemagne, précisément à Berlin qu’il s’initie à l’architecture avant d’obtenir son diplôme en 2004. Bien ancré dans son terroir, c’est tout naturellement qu’il crée l’association « Des briques pour l’école de Gando », une initiative pour financer son premier projet, une école primaire dans son village. Un projet qui obtient le Prix d’architecture Aga Khan. Dès lors, le chemin de la gloire s’ouvre pour lui.  Avec son approche collaborative in situ, il favorise le réemploi des populations locales et promeut des activités génératrices de revenus pour elles. Une approche « développementaliste » qui lui vaut de recevoir un Global Award for sustenable architecture en 2009. Outre l’école primaire de Gando, l’on compte parmi les œuvres d’envergure de cet « autodidacte « , le renouvellement du Parc national de Bamako (Mali) à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance du pays. Le centre pour l’architecture en terre de Mopti porte également sa signature architecturale tout comme le village opéra de Laongo dont il a realisé les maquettes en collaboration avec un architecte allemand. Il a aussi participé à la construction de l’archipel de Zhoushan en Chine, un projet expérimental de réinsertion urbaine dirigé par l’architecte chinois Wang Shu. Autant de joyaux qui lui ont valu de recevoir le prestigieux prix Pritzker, considéré comme le prix Nobel des architectes. Un parcours très honorable pour ce pionnier de l’habitat vert, qui doit inspirer les architectes toutes générations confondues à l’heure où les changements climatiques hypothèquent l’avenir de la planète Terre.

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