Au Kenya, le magnat nigérian Tony Elumelu injecte 1 milliard de dollars dans les infrastructures nationales

Dans un tournant majeur pour l’économie est-africaine, le président kényan William Ruto a annoncé mercredi 12 novembre 2025 un investissement massif de 1 milliard de dollars de la part de l’homme d’affaires nigérian Tony Elumelu. Cet engagement, fruit d’une rencontre à la State House de Nairobi, marque une étape décisive dans la stratégie de développement du Kenya basée sur les partenariats public-privé (PPP).

Ce financement colossal, porté par le président du groupe United Bank for Africa (UBA) et de Heirs Holdings Group, ne se contente pas d’injecter des liquidités. Il cible précisément les piliers du programme de transformation kényan : l’énergie avec l’amélioration des capacités de production d’électricité, la sécurité alimentaire avec le renforcement des chaînes de production et de distribution. Et enfin les transports avec l’extension stratégique des réseaux routiers et ferroviaires.

Pour le président William Ruto, cet investissement est le symbole d’une « vision partagée pour l’avenir de l’Afrique ». Sur son compte X, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de cette collaboration : « La transformation de notre continent exige un partenariat solide et déterminé entre les secteurs public et privé africains. »

L’Africapitalisme en action

Cet engagement de Tony Elumelu est la mise en pratique concrète de sa philosophie : l’Africapitalisme. Selon cette doctrine, le secteur privé est le principal moteur de la transformation sociale et économique du continent.

Déjà connu pour avoir soutenu plus de 25 000 entrepreneurs via sa fondation depuis 2015, Elumelu passe ici à une échelle supérieure en s’attaquant aux infrastructures lourdes, indispensables pour « libérer le potentiel des ressources humaines et naturelles ».

L’annonce intervient à un moment charnière pour le Kenya. Alors que le pays cherchait jusqu’ici des financements auprès de partenaires traditionnels comme la Chine (avec qui des discussions piétinent pour certains projets de transport), Nairobi change de paradigme.

L’objectif du gouvernement est clair : accélérer la modernisation sans creuser la dette publique. En privilégiant les investisseurs privés africains et en lançant récemment son propre fonds souverain, le Kenya cherche à sécuriser sa souveraineté économique tout en comblant son déficit infrastructurel.

« Ce n’est qu’à travers une telle collaboration que nous pourrons libérer tout le potentiel de nos peuples », conclut William Ruto, président du Kenya.

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Source : Agence Ecofin / Compte X du président du Kenya

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