Burkina Faso – Le Grand Ouest franchit une grande étape avec l’inauguration du centre de radiothérapie de Dafra

Le mercredi 24 décembre 2025 restera une date gravée dans l’histoire sanitaire du Burkina Faso. À la veille de Noël, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a officiellement inauguré le centre de radiothérapie du Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Dafra à Bobo-Dioulasso. Ce joyau technologique de près de dix milliards de FCFA marque la fin d’un long calvaire pour les patients atteints de cancer dans la moitié ouest du pays.

C’est une double victoire pour la ville de Sya. Quelques heures seulement après avoir inauguré le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pala, le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé à la coupure du ruban symbolique du centre de radiothérapie de Dafra. Accompagné du Premier ministre, des membres du gouvernement et des autorités régionales, le président a visité ce complexe médical de pointe, concrétisant ainsi une ambition nationale de décentralisation des soins spécialisés et de modernisation du plateau technique sanitaire.

D’un coût global estimé à 9,8 milliards de FCFA, cette infrastructure n’est pas qu’une simple extension hospitalière. C’est une réponse stratégique aux inégalités géographiques en matière de santé publique. Jusqu’à présent, les malades de la zone du Grand Ouest, incluant les régions des Tannounyan (ex-Cascades), du Djôrô (ex-Sud-Ouest), du Bankui (ex-Boucle du Mouhoun) et du Guiriko (ex-Hauts-Bassins), étaient contraints de parcourir des centaines de kilomètres vers Ouagadougou pour espérer un traitement.

Le coordonnateur du projet, Olivier Constantin Sanou, a souligné que cette infrastructure va renforcer les plateaux techniques et surtout soulager les malades qui étaient jusque-là contraints de parcourir de longues distances vers la capitale pour bénéficier de soins spécialisés. Désormais, Bobo-Dioulasso s’affirme comme un pôle d’excellence médicale, capable d’accueillir des patients venus de tout le pays, voire des pays voisins de la sous-région, réduisant ainsi la saturation des services de la capitale.

Un arsenal technologique de dernière génération

Sur le plan technique, le centre de Dafra se distingue par des équipements de pointe répondant aux standards internationaux les plus rigoureux. Le cœur du dispositif repose sur deux bunkers massifs abritant des accélérateurs linéaires destinés à la radiothérapie externe. Ces appareils permettent de cibler les tumeurs avec une précision millimétrique, préservant ainsi les tissus sains environnants. En complément, un bunker spécifique est dédié à la curiethérapie, une technique de traitement consistant à placer des sources radioactives à l’intérieur ou à proximité immédiate de la zone à traiter.

L’arsenal est complété par un scanner de simulation, outil indispensable pour la planification personnalisée des traitements de chaque patient. « Nous disposons de quatre salles de consultation afin d’offrir un accueil confortable aux patients. Le centre est également équipé d’un groupe électrogène capable de prendre automatiquement le relais en cas de coupure d’électricité, afin de préserver les appareils sensibles », a expliqué le coordonnateur du projet de construction du CHU et du centre de radiothérapie de Bobo-Dioulasso, Olivier Constantin Sanou. Ce groupe prend automatiquement le relais en cas de défaillance du réseau électrique, garantissant la protection des composants électroniques des accélérateurs et la continuité des séances de soins.

Soins accessibles, appel à la responsabilité

Au-delà de la prouesse technologique, les autorités ont mis l’accent sur la dimension sociale de ce projet. Conformément aux engagements du président Ibrahim Traoré, l’État a consenti des réductions substantielles sur les coûts de prise en charge des cancers. L’objectif est de faire en sorte que chaque citoyen, quelle que soit sa condition sociale, puisse accéder à ces traitements de haute précision. Le directeur régional de la santé du Guiriko, Issa Konaté, s’est réjoui de cette mise en service qui permettra d’offrir des soins adéquats dès l’ouverture des portes du centre.

Cependant, la pérennité de cet investissement repose sur l’entretien et le civisme. Le coordonnateur du projet a tenu à lancer un appel à la responsabilité collective des usagers, insistant sur le fait que c’est ensemble que les Burkinabè pourront préserver ces équipements et assurer leur maintenance pour le bien des générations futures. Réalisé avec l’appui de partenaires internationaux tels que AME International GmbH et Unicredit Bank Austria, le centre de radiothérapie de Dafra offre désormais au Burkina Faso un outil stratégique et souverain pour combattre le cancer avec dignité et efficacité…

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Source : AIB / Lefaso.net

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