Bien que la Namibie dispose de l’un des réseaux routiers les plus performants d’Afrique, le pays se heurte aujourd’hui à une réalité budgétaire alarmante. Pour assurer la réhabilitation et la maintenance de ses infrastructures, les besoins financiers s’élèvent désormais à 8,5 milliards de dollars namibiens, soit environ 460 millions de dollars américains. Ce montant colossal dépasse largement les capacités actuelles de l’administration du Fonds routier, dont les recettes annuelles plafonnent à un peu plus de 4 milliards de dollars namibiens.
Cette situation génère un déficit de financement critique qui menace l’accès aux régions les plus isolées du territoire. À l’heure actuelle, le système repose majoritairement sur les taxes sur les carburants, lesquelles génèrent 63 % des ressources disponibles. Lors des récentes consultations pour le plan d’affaires s’étendant de 2026 à 2031, Elton Gaoseb, le directeur exécutif du fonds, a mis en garde contre la fragilité de ce modèle. « Je me souviens que lors de l’une de nos dernières séances, une recommandation ou un appel avait été lancé pour supprimer les taxes sur le carburant. Je prévois de mener une étude approfondie à ce sujet, mais parfois une représentation visuelle suffit à démontrer à quel point nous en dépendons fortement. Et bien que cette dépendance existe, nous parlons d’un déficit de financement compris entre 8,5 milliards de dollars namibiens et 4,2 milliards de dollars namibiens. C’est de ce déficit de financement que nous parlons », a-t-il dit. Car bien que certains acteurs appellent à la suppression de ces taxes, leur poids dans le budget actuel rend toute transition complexe sans une étude de substitution rigoureuse.
L’urgence d’un réinvestissement massif est d’autant plus pressante que le coût de l’inaction s’annonce prohibitif. Les parties prenantes soulignent que tout retard dans l’entretien des routes entraînera une dégradation accélérée du réseau, augmentant de fait les dépenses futures de réparation ainsi que les coûts d’exploitation des véhicules circulant sur les grands corridors. Pour éviter cet effet boule de neige, les experts préconisent une diversification des sources de revenus, évoquant notamment le renforcement des taxes routières, la mise en place de péages et un soutien accru de l’État.
Au-delà de l’aspect purement comptable, le futur plan stratégique mise sur l’innovation et la durabilité. Il s’agit non seulement de mobiliser des capitaux via des appels d’offres concurrentiels, mais aussi d’intégrer des normes de construction résilientes face aux dérèglements climatiques. L’objectif final est de transformer cette impasse financière en une opportunité de modernisation pour garantir la pérennité du secteur routier namibien sur la prochaine décennie…
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