Pour stopper l’hémorragie financière liée aux chantiers publics, le gouvernement kényan vient d’adopter un nouveau cadre de tarification rigoureux. Cette réforme structurelle vise à rationaliser les dépenses de l’État, particulièrement dans le secteur routier, afin d’optimiser chaque shilling investi.
La grande nouveauté réside dans l’abandon des estimations basées sur l’historique des prix au profit de la méthode FPA (First Principles Approach). Déjà éprouvée dans des pays comme le Royaume-Uni, l’Australie ou Singapour, cette approche s’appuie sur une analyse réelle des données de coûts plutôt que sur des précédents parfois gonflés.
L’objectif est ambitieux : réduire les dépassements budgétaires de près de 25 %. En instaurant cette transparence, Nairobi espère éradiquer les tarifications incohérentes ou irrégulières qui freinaient jusqu’ici le développement du pays.
Une urgence financière et des dettes à apurer
Cette décision intervient alors que les finances publiques kényanes sont sous haute tension. Le pays doit faire face à deux défis majeurs. D’abord l’apurement de la dette : l’État accumule des retards de paiement considérables envers les entreprises de BTP. Puis la levée de fonds : Pour solder ces factures impayées, le gouvernement a annoncé l’émission d’obligations souveraines à hauteur de 170 milliards de shillings (environ 1,3 milliard USD).
Le Kenya traîne depuis longtemps une réputation de pays aux infrastructures coûteuses. Dès 2014, la Banque africaine de développement (BAD) le classait parmi les nations africaines où construire une route revient le plus cher.
Des audits passés, notamment celui de 2022 sur le projet de contournement sud de Nairobi (Nairobi Southern Bypass Road Project), avaient déjà mis en lumière des failles de gestion et des surcoûts liés, en grande partie, aux pénalités de retard et aux factures non honorées.
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