Corridor Abidjan-Lagos

Atout majeur des échanges commerciaux et du tourisme intra-africain

Le corridor Abidjan-Lomé, long de 1.081 kilomètres, est l’un des principaux projets de connexion par la route de cinq pays d’Afrique de l’Ouest à savoir la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigéria. C’est aussi le projet d’infrastructure le plus important en Afrique de l’Ouest financé par la Banque africaine de développement (BAD), selon son président, le nigérian Dr Akinwunmi A. Adesina. Trois tronçons sont notamment prévus pour la construction de cette autoroute à deux fois trois voies : Abidjan (Côte d’Ivoire) – Takoradi (Ghana), 295 km ; Takoradi (Ghana) – Akanu (Ghana), 466 km et Noepe (Togo)- Cotonou (Bénin) Lagos (Nigeria), 320 km. Huit postes frontaliers seront également construits sur le corridor, apprend-on de la Banque basée à Abidjan. Au total, 15,6 milliards de dollars ont été mobilisés pour ce projet majeur qui sera exécuté sur une période de 4 à 6 ans.

Au Togo, les travaux de réhabilitation de la nationale N°2 Lomé-Aného, inscrits dans le cadre de ce corridor sous-régional, étaient à un taux d’exécution estimé de 20 à 27%, en Mai 2022, aux dires de Mme Victoire Tomégah-Dogbé, premier ministre du Togo.

Un atout majeur des échanges commerciaux et du tourisme intra-africain

L’importance stratégique de ce projet n’est plus à démontrer. L’axe Abidjan-Lagos concentre près de 75 % des activités commerciales de l’Afrique de l’Ouest. Le secteur des transports représente 5 à 8% du produit intérieur brut de la région et joue un rôle essentiel dans le développement économique et la création d’emplois, notamment pour les femmes et les jeunes. L’autoroute Abidjan-Lagos figure parmi les 16 projets du Plan d’action prioritaire du Programme continental de l’Union africaine pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA) dont la Banque africaine de développement assure la mise en œuvre. C’est également une priorité dans le cadre de la nouvelle Vision 2050 de la CEDEAO qui, entre autres objectifs, vise à « faire de la CEDEAO une région économique pleinement intégrée et interconnectée ».

L’autoroute Abidjan-Lagos est un tronçon de la côtière transfrontalière Dakar – Abidjan – Lagos. Elle aura donc un impact direct sur 14 des 16 pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone, Togo). Elle viendra compléter le corridor Enugu-Bamenda, qui relie le Sud-est du Nigéria en Afrique de l’Ouest au sud-ouest du Cameroun, en Afrique centrale. Cette autoroute, longue de 443 kilomètres et dont le coût s’élève à 430 millions de dollars environ, bénéficie d’un financement de la Banque africaine de développement et est en phase de finalisation.

Ce corridor intégrateur, reliera les villes et ports les plus dynamiques sur le plan économique et les agglomérations les plus densément peuplées d’Afrique de l’Ouest (Lagos, Abidjan, Accra, Cotonou et Lomé). Il permettra aussi de densifier les échanges et l’intégration en Afrique de l’Ouest, notamment en offrant un accès portuaire maritime aux pays enclavés (Burkina Faso, Mali, Niger et Tchad) grâce à sa jonction avec d’autres corridors le long de l’axe Nord-Sud.

L’autoroute Abidjan-Lagos permettra de dynamiser les transports (routes, voies ferrées, ports et aéroports) de l’Afrique de l’Ouest et contribuera à accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), un des plus grands marchés mondiaux avec 1,3 milliard de consommateurs et un PIB combiné d’environ 3000 milliards de dollars.

Un outil de développement économique en Afrique de l’ouest

Le corridor Abidjan-Lomé est un réel outil de développement économique de la sous région ouest africaine. Une fois réalisée, cette infrastructure routière, , facilitera la mobilité des biens et des personnes au sein de la sous-région et même au-delà. En effet, de la Côte d’ivoire au Ghana en passant par le Nigéria, le Bénin, le Burkina Faso et le Togo, les échanges entre Etats africains vont se décupler avec la facilité de mobilité. Ainsi donc, le corridor Abidjan-Lomé va fluidifier les transports au sein de l’Afrique au sud du Sahara…

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